• Stupeur et tremblements, un livre excellent

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    Bonjour, aujourd'hui je reviens avec un article qui me tient particulièrement à cœur. Je dois vous avouer que je ne suis pas vraiment une grande lectrice, j'ai pu lire des livres évidemment, mais comme je suis quelqu'un de difficile, qui a des goûts assez ciblés, de ce fait je ne lirais pas n'importe quoi, et il faut que ça me plaise beaucoup pour que j'aille jusqu'au bout. Et quand j'apprécie un livre, je prend énormément de plaisir à lire. Hier, j'ai eu l'occasion de pouvoir emprunter "Stupeur et tremblements", d'Amélie Nothomb. C'est une auteure que je connaissais déjà auparavant, quelqu'un m'en avait parlé il y a longtemps, comme quoi ses écrits seraient susceptibles de me plaire. C'est alors que donc hier j'ai vu ce livre, et je me suis tout naturellement dirigée vers celui-ci. Il fallait que je découvre si c'était vraiment bien. Autant vous dire que je ne suis pas déçue, mais alors pas du tout.

    Il s'agit clairement d'un de mes plus grands coups de cœur pour un livre, je ne sais pas vraiment si je peux qualifier ça du meilleur livre que j'ai lu, mais il y a de grandes chances.

    Je vous met le résumé ici, pour que vous sachiez concrètement de quoi ça parle :

    "Amélie, originaire de Belgique qui a vécu sa petite enfance au Japon, a toujours admiré le raffinement et l’art de vivre du pays. À l’âge adulte, elle y retourne pour un contrat d’interprète au sein de la prestigieuse compagnie Yumimoto, afin d’y travailler et d’y vivre comme une Japonaise en tant qu'employée.

    La jeune femme se heurte à un système rigide auquel elle a du mal à s’adapter et enchaîne gaffe sur gaffe. Sous les ordres de la belle mademoiselle Fubuki Mori, elle-même sous les ordres de Monsieur Saito qui lui est sous les ordres de monsieur Omochi aux ordres de monsieur Haneda, la jeune « Amélie-san » est aux ordres de tout le monde.

    C’est l’histoire d’une déchéance cruelle et injuste : elle descend les échelons de la hiérarchie de la société jusqu’au poste de « dame pipi ». Elle refuse néanmoins de démissionner pour garder son honneur (notion fondamentale de la culture japonaise)."

    Ce roman parle donc du Japon, et vous le savez bien, c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup, et je suis preneuse de tout ce qui peut me documenter, m'informer et aussi me montrer les différentes facettes du pays. Je suis contre le fait de fermer les yeux et d'idéaliser cette terre, cet endroit que j'adore et qui pourtant recèle de défauts et de côtés bien sombres. Avant, j'étais du genre à ne voir que ce qui était positif, tout ce qui faisait plus ou moins rêver, en bref, toute la superficialité de la chose. Désormais, je cherche à apprendre plus, à ne pas me voiler la face et à regarder la réalité. Car quoi qu'on en dise, je n'ai peut-être que 13 ans, mais je suis loin de penser que le Japon est un paradis. Si je poursuis mes études dans le but d'aller là-bas, je serais pleinement consciente de ce que je fais, et ce sera un choix réfléchi.

    Ce livre est sincèrement très intéressant. Le risque, c'est de généraliser les faits qui y sont énoncés, de penser que tout ce qui s'est passé dans cette entreprise se passe forcément dans toutes les autres entreprises japonaises. Évidemment, la réponse est non, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que ce roman pourrait ouvrir les yeux de plus d'une personne. Je le conseille, mais pas à n'importe qui. Les adultes seront sûrement les plus concernés par cet écrit, étant donné que je qualifie ça comme quelque chose d'assez mature. Certains propos sont à ne pas montrer aux plus jeunes qui seraient passionnés du Japon, je pars du principe que quand on est encore bien jeune, en général, comme moi avant, on n'a pas forcément besoin de voir tous les réels mauvais côtés de notre passion. Ce qui est dit là-dedans peut clairement remettre en question le fait qu'on aime ce pays. Pour ma part, je continue de l'adorer, mais j'ai bien pris conscience de certaines vérités douloureuses sur la mentalité des Japonais, le monde des Bisounours c'est définitivement terminé. A côté de ça, il faut savoir, et avoir la capacité, d'apprécier la manière de penser d'Amélie Nothomb. J'ai tout de suite remarqué que c'était quelqu'un de spécial, limite étrange. Attention, je ne dis absolument pas qu'il s'agit d'un mauvais point, au contraire, son étrangeté, et certains de ses délires apportent quelque chose de véritablement rare. Elle ne se contente pas de rester un tant soit peu correcte, elle dit vraiment ce qu'elle pense, quitte à parfois partir un peu plus loin que prévu, ce qui est extrêmement plaisant. Je dois dire que j'ai été surprise par sa personnalité, cela m'a fait sourire. Ses mots sont bien choisis, et certains passages sont frappants. C'est tellement vrai et bien tourné. Et parfois en même temps si cruel. Pour vous, j'en ai sélectionné quelques-uns, que je vous montre ici :

     " - Vous êtes ma supérieure, oui. Je n'ai aucun droit, je sais. Mais je voulais que vous sachiez combien je suis déçue. Je vous tenais en si haute estime.

    Elle eut un rire élégant :

    - Moi, je ne suis pas déçue. Je n'avais pas d'estime pour vous."

     " - Moi, quand j'étais petite, je voulais devenir Dieu. Le Dieu des chrétiens, avec un grand D. Vers l'âge de cinq ans, j'ai compris que mon ambition était irréalisable. Alors, j'ai mis un peu d'eau dans mon vin et j'ai décidé de devenir le Christ. J'imaginais ma mort sur la croix devant l'humanité entière. A l'âge de sept ans, j'ai pris conscience que cela ne m'arriverait pas. J'ai résolu, plus modestement, de devenir martyre. Je me suis tenue à ce choix pendant de nombreuses années. Ça n'a pas marché non plus.

    - Et ensuite ?

    - Vous le savez : je suis devenue comptable chez Yumimoto. Et je crois que je ne pouvais pas descendre plus bas.

    - Vous croyez ? demanda-t-elle avec un drôle de sourire."

    " Non que la Nippone soit une victime, loin de là. Parmi les femmes de la planète, elle n'est vraiment pas la plus mal lotie. Son pouvoir est considérable : je suis bien placée pour le savoir.

    Non : s'il faut admirer la Japonaise - et il le faut -, c'est parce qu'elle ne se suicide pas. [...] Car, en fin de compte, ce qui est assené à la Nippone à travers ces dogmes incongrus, c'est qu'il ne faut rien espérer de beau. N'espère pas jouir, car ton plaisir t'anéantirait. N'espère pas être amoureuse, car tu n'en vaux pas la peine : ceux qui t'aimeraient t'aimeraient pour tes mirages, jamais pour ta vérité. N'espère pas que la vie t'apporte quoi que ce soit, car chaque année qui passera t'enlèvera quelque chose. N'espère pas même une chose aussi simple que le calme, car tu n'as aucune raison d'être tranquille."

     Je vais m'arrêter là, même s'il y a sûrement encore beaucoup de passages que j'ai aimé. Vous pouvez vous apercevoir que ce n'est donc pas forcément tout rose, ce qui est traité dans ce livre ! Vous aurez affaire à de nombreux aspects négatifs, et je suis jeune, mais si je lis ce livre c'est parce que je suis capable de pleinement le comprendre. Un adolescent mature peut tout à fait l'apprécier, mais les enfants et les esprits encore un peu innocents sont totalement exclus. Ici nous est raconté une histoire vraie pas toujours très jolie.

    En conclusion, "Stupeur et tremblements" vous offrira une certaine prise de conscience et un témoignage terriblement réaliste. Autant dire que l'auteure gardera ce séjour dans cette entreprise gravé dans sa mémoire pour toujours, c'est incontestablement une expérience désagréable et difficile. Et ce livre est parfaitement bien écrit, si vous ne l'avez pas encore lu, n'hésitez pas, ce serait passer à côté de quelque chose de réellement étonnant.


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